Enfant je rêvais à d'autres horizons et craignais par dessus tout , un destin déjà écrit....
Par instinct, je savais que je quitterais ce pays exotique.
Le temps de l'enfance et de l'adolescence fut heureux mais j'ai toujours rendu grâce aux évenements politiques qui me détournèrent d'un futur déjà écrit dont je pressentais les ronronantes habitudes, les choses établies, les règles dictées par des générations qui n'avaient pas vu que le monde avait changé.
Je souhaitais voir d'autres horizons, échapper à la puissante emprise familiale à ses codes...
Je me sentais à l'étroit au royaume de Didon.
Je conserve à Carthage un amour sans partage.
Les Pères Blancs de Saint Joseph de Thibar dont le vignoble s'étendait de Salambô à Carthage avaient la conservation de la Basilique Saint Louis à l'emplacement même ou le Roi de France Louis IX avait rendu son âme à Dieu
le 8 août 1270, sur la colline de Byrsa( Carthage) lieu où s'élevait autrefois le Temple d'Esculape sous les murs de Tunis.
Le Pacha Hussein bey avait cédé le 5 aôut 1830 l'emplacement à sa majesté le Roi de France Philippe Ier
Ce don fut fait et signé par Hussein en ces termes:
"Louange à Dieu unique" auquel retournent toutes choses"
Nous cédons à perpétuité cet emplacement pour élever une chapelle en l'honneur du Saint Roi Louis IX à l'emplacement même où mourût ce Prince.
Cette Basilique grandiose gothique et bizantine , mélange de marabout et de chapelle royale de Dreux est depuis l'indépendance de la Tunisie n'est plus consacrée au culte chrétien mais sert de lieu de réunions internationales.....
Le temps de l'enfance dont nous venons tous, la douceur de cette enfance vécue , douce et indolente à l'ombre de Carthage est une part de ma vie...
La suite de cette vie se déroula à Cannes pendant 32 années puis à Paris depuis une vingtaine d'années.
dimanche 22 février 2009
Le Départ
Quelques mois encore, puis ce fut le départ définitif pour la France.
Nous étions en 1956.
Nous vîmes s'éloigner les côtes africaines comme tant de nos aïeuls les avaient vu approcher plus d'un siècle auparavant.
Au matin, Marseille la lumineuse nous apparut sous le regard bienveillant de la Bonne Mère.
Un autre vie nous attendait....
Je dois à la vérité que notre vie agréable n'était pas partagée par la population indigène.
La République alphabétisa, soigna( tuberculose, cholèra, diphtérie, thyphoïde,, tiphus y prospéraient)
La France remplit son rôle protecteur.
Les repentances stériles me choquent, les demandes de pardon m'étonnent.
Je me souviens des bonnes actions accomplies par l'occupant...
Nous étions en 1956.
Nous vîmes s'éloigner les côtes africaines comme tant de nos aïeuls les avaient vu approcher plus d'un siècle auparavant.
Au matin, Marseille la lumineuse nous apparut sous le regard bienveillant de la Bonne Mère.
Un autre vie nous attendait....
Je dois à la vérité que notre vie agréable n'était pas partagée par la population indigène.
La République alphabétisa, soigna( tuberculose, cholèra, diphtérie, thyphoïde,, tiphus y prospéraient)
La France remplit son rôle protecteur.
Les repentances stériles me choquent, les demandes de pardon m'étonnent.
Je me souviens des bonnes actions accomplies par l'occupant...
Ce jour-là le Vent de L'Histoire fut incertain.....
Nos séjours réguliers , répétés tous les étés en France n'empêchaient nullement ma Mère de toujours vouloir partir quelque part et nous entrainer dans ces désirs d'évasion.....
Cette année-là, bien que des évènements inquiétants commençaient à se manifester et à se répandre
en Afrique du Nord, ma mère décida de se rendre chez des cousins qui vivaient en Algérie depuis la conquête de la France en 1830 pour fêter Noël.
Ce département sous administration française ressemblait à la Provence....
La végétation y était verdoyante et la vie assez douce.
Ma mère voulait visiter " Le Tombeau de la Chrétienne " à Tizi-Ouzou et visiter ses nombreux cousins à Alger, une fois encore.
Des bruits de soulèvements de la population autochtone se faisaient entendre.
Mon père prit donc la direction de la frontière algéro-Tunisienne au volant de sa traction avant (8 places) avec femme et enfants et l'humeur à bord était joyeuse.
Nous étions pendant des vacances solaires de Noël, heureux et insouciants.
Sur la route à une centaine de kilomètres de la frontière algérienne, nous aperçurent deux "arabas" (charettes de paysans) en travers de la route et une troisième, un peu plus loin qui fermait totalement le passage
et derrière laquelle se teniant cachés un groupe d'hommes, armés.
Nous fûmes contraints de nous arrêter et mon père laissa les hommes s'approcher de nous.
Ces paysans armés descendus d'une "wyllaya" (village) voisine contrôlaient la frontière, leurs visages méfiants et burinés étaient en partie cachés par des turbans enroulés autour de leurs têtes et leurs yeux semblaient féroces.
Nous étions tombés dans une embuscade;
Les hommes armés palabraient et leur ton était rude et sec.
Un vent glacial soufflait avec force âpre et piquant.
Je me souviens que le froid était glacial et que l'eau d'un petit "oued" qui coulait le long de la route était gelée.
Mon père avait baissé la vitre de sa portière et le vent s'engouffrait à l'intérieur de la voiture tandis que deux hommes en faisaient le tour, pendant que les autres encerclaient notre voiture, en scrutant l'intérieur.
Nous restâmes , arrêtés là de longues minutes qui nous semblèrent une éternité.
Le silence était lourd à l'intérieur de la voiture, aucun enfant ne parlait et ma mère avait compris que quelque chose de grave et d'inquiétant se passait.
Mon père était d'une paâleur mortelle ....
Les hommes palabrèrent un long moment, leurs fusils bien en vue.
Soudain, brutalement, ils levèrent et déplacèrent les "arabas" pour nous en laisser le passage, comprenant sans doute que nous étions une famille bien innocente.
notre destin aurait pu basculer ce jour-là.
Mon père fit demi-tour et nous ne retournâmes jamais en Algérie.
Nous sûmes que notre départ pour la france, n'était pas éloigné.
Le vent de l'Histoire en décidait ainsi.
Cette année-là, bien que des évènements inquiétants commençaient à se manifester et à se répandre
en Afrique du Nord, ma mère décida de se rendre chez des cousins qui vivaient en Algérie depuis la conquête de la France en 1830 pour fêter Noël.
Ce département sous administration française ressemblait à la Provence....
La végétation y était verdoyante et la vie assez douce.
Ma mère voulait visiter " Le Tombeau de la Chrétienne " à Tizi-Ouzou et visiter ses nombreux cousins à Alger, une fois encore.
Des bruits de soulèvements de la population autochtone se faisaient entendre.
Mon père prit donc la direction de la frontière algéro-Tunisienne au volant de sa traction avant (8 places) avec femme et enfants et l'humeur à bord était joyeuse.
Nous étions pendant des vacances solaires de Noël, heureux et insouciants.
Sur la route à une centaine de kilomètres de la frontière algérienne, nous aperçurent deux "arabas" (charettes de paysans) en travers de la route et une troisième, un peu plus loin qui fermait totalement le passage
et derrière laquelle se teniant cachés un groupe d'hommes, armés.
Nous fûmes contraints de nous arrêter et mon père laissa les hommes s'approcher de nous.
Ces paysans armés descendus d'une "wyllaya" (village) voisine contrôlaient la frontière, leurs visages méfiants et burinés étaient en partie cachés par des turbans enroulés autour de leurs têtes et leurs yeux semblaient féroces.
Nous étions tombés dans une embuscade;
Les hommes armés palabraient et leur ton était rude et sec.
Un vent glacial soufflait avec force âpre et piquant.
Je me souviens que le froid était glacial et que l'eau d'un petit "oued" qui coulait le long de la route était gelée.
Mon père avait baissé la vitre de sa portière et le vent s'engouffrait à l'intérieur de la voiture tandis que deux hommes en faisaient le tour, pendant que les autres encerclaient notre voiture, en scrutant l'intérieur.
Nous restâmes , arrêtés là de longues minutes qui nous semblèrent une éternité.
Le silence était lourd à l'intérieur de la voiture, aucun enfant ne parlait et ma mère avait compris que quelque chose de grave et d'inquiétant se passait.
Mon père était d'une paâleur mortelle ....
Les hommes palabrèrent un long moment, leurs fusils bien en vue.
Soudain, brutalement, ils levèrent et déplacèrent les "arabas" pour nous en laisser le passage, comprenant sans doute que nous étions une famille bien innocente.
notre destin aurait pu basculer ce jour-là.
Mon père fit demi-tour et nous ne retournâmes jamais en Algérie.
Nous sûmes que notre départ pour la france, n'était pas éloigné.
Le vent de l'Histoire en décidait ainsi.
Ma Mère
Ma mère Madeleine Blanche, petite -fille de cet aïeul Charles jean-Baptiste, venu en Tunisie, à Bizerte,
pour y exercer sa médecine en 1848 était , brune, pétillante, carracterielle et personnelle.
Dominatrice, elle régnait en maitresse femme sur sa maison, ses 5 enfants, son mari, sa vie.
Elle aimait ses enfants , les protégeait mais restait à distance d'eux.
Je pense qu'elle regrettait son activité professionnelle à la demande mon père.
Elle était crainte par tous les siens bien qu'elle ait usé toute sa vie de la séduction.
Séduire était pour elle un jeu qu'elle pratiquait avec habileté, aimant puis rejetant ce qu'elle avait aimé.
Moi, je lui tenais tête et ma résistance la mettait en colère.
Tous les Dimanches , dès les beaux jours, elle invitait, frères, soeurs, cousines, oncles et tantes, à déjeuner sous la tonnelle fleurie et en fer forgé fabriquée par mon père.
Les enfants étaient servis dans une vaisselle de tous les jours et les adultes avaient droit au service de Limoges, à la cristallerie Saint Louis et à l'argenterie Christofle.
Ma mère était intellectuellement brillante, possèdait un "Brevet Supèrieur" et nous le faisait savoir lorsque l'école nous ennuyaient.
Née un 5 août 1907 elle devait mourir à l'âge de 95 ans et survivre quarante années à son mari.
Son père Etienne BERTHAUD né le 15 mai 1880 à Bizerte de Charles J.B et de M.Caroline COSTA aimait beaucoup la culture orientale .
Il était, bien sur Catholique romain, avait appris l'arabe littéraire et le parlait d'une façon m'at-on raconté parfaite.
L'orientalisme était à la mode en ces temps-là , les récits de pierre LOTI, les conquêtes impériales de la France, le monde s'étendait et les Français venus de Métropole s'adaptaient à leurs nouveaux pays et en adoptaient quelques uns de leurs usages et coutumes.
Ce Grand-Père Etienne était joueur, perdait beaucoup d'argent et se préoccupait du nécessaire de sa femme et de ses quatre enfants (dont ma mère) que rarement.
Ce grand-père avait ses entrées à la Résidence Générale et était l'ami du Résident général.
Il mourut brutalement d'in infarctus à l'âge de 51 ans.
Ma grand-mère Hélène disparut 20 années plus tard en France où les bourrasques de l'Histoire l'avaient emportée.
pour y exercer sa médecine en 1848 était , brune, pétillante, carracterielle et personnelle.
Dominatrice, elle régnait en maitresse femme sur sa maison, ses 5 enfants, son mari, sa vie.
Elle aimait ses enfants , les protégeait mais restait à distance d'eux.
Je pense qu'elle regrettait son activité professionnelle à la demande mon père.
Elle était crainte par tous les siens bien qu'elle ait usé toute sa vie de la séduction.
Séduire était pour elle un jeu qu'elle pratiquait avec habileté, aimant puis rejetant ce qu'elle avait aimé.
Moi, je lui tenais tête et ma résistance la mettait en colère.
Tous les Dimanches , dès les beaux jours, elle invitait, frères, soeurs, cousines, oncles et tantes, à déjeuner sous la tonnelle fleurie et en fer forgé fabriquée par mon père.
Les enfants étaient servis dans une vaisselle de tous les jours et les adultes avaient droit au service de Limoges, à la cristallerie Saint Louis et à l'argenterie Christofle.
Ma mère était intellectuellement brillante, possèdait un "Brevet Supèrieur" et nous le faisait savoir lorsque l'école nous ennuyaient.
Née un 5 août 1907 elle devait mourir à l'âge de 95 ans et survivre quarante années à son mari.
Son père Etienne BERTHAUD né le 15 mai 1880 à Bizerte de Charles J.B et de M.Caroline COSTA aimait beaucoup la culture orientale .
Il était, bien sur Catholique romain, avait appris l'arabe littéraire et le parlait d'une façon m'at-on raconté parfaite.
L'orientalisme était à la mode en ces temps-là , les récits de pierre LOTI, les conquêtes impériales de la France, le monde s'étendait et les Français venus de Métropole s'adaptaient à leurs nouveaux pays et en adoptaient quelques uns de leurs usages et coutumes.
Ce Grand-Père Etienne était joueur, perdait beaucoup d'argent et se préoccupait du nécessaire de sa femme et de ses quatre enfants (dont ma mère) que rarement.
Ce grand-père avait ses entrées à la Résidence Générale et était l'ami du Résident général.
Il mourut brutalement d'in infarctus à l'âge de 51 ans.
Ma grand-mère Hélène disparut 20 années plus tard en France où les bourrasques de l'Histoire l'avaient emportée.
Fin de la deuxième Guerre Mondiale
En 1946, je pris pour la première fois , l'avion, avec ma soeur ainée.
Nous étions invitées pour 3 longs mois de vacances d'été dans un petit village de Corse qui s'appelait "Pietra di Verde, proche de Bastia.
Mes parents me manquaient et j'étais terrorisée par le folklore corse.
Les bandits d'honneur, leurs croyances aux âmes en errance et autres fantaisies de cet ordre me firent me souvenir longtemps de la Corse.
J'y revins des années plus tard très souvent et je me mis à 'aimer ce pays.
Au retour de ce séjour, notre avion ( un bi-moteur), prit feu au dessus du Golfe de Bonifacio pour retourner sans trop de dommages à l'aéroport de Bastia-Poretta.
Sans trop de dommages dis-je car nous n'étions pas attachées et le virage à 180 degrés du pilote , sans annonce particulière nous avait projetées avec d'autres passagers , les uns sur les autres.
Nous dormîmes dans un hôtel luxueux "L' Ile de beauté" et mes parents nous retrouvèrent le lendemain .
Les communications étaient plus rares en ce temps-là et nos parents avaient reçu tardivement de nos nouvelles.
La guerre était finie, le stylo Bic avait remplacé nos porte-plumes, la télévision était dans les tuyaux, les jeans changeaient les silhouettes et le prêt à porter nous privait (enfin) des essayages de couturière.
Nous étions invitées pour 3 longs mois de vacances d'été dans un petit village de Corse qui s'appelait "Pietra di Verde, proche de Bastia.
Mes parents me manquaient et j'étais terrorisée par le folklore corse.
Les bandits d'honneur, leurs croyances aux âmes en errance et autres fantaisies de cet ordre me firent me souvenir longtemps de la Corse.
J'y revins des années plus tard très souvent et je me mis à 'aimer ce pays.
Au retour de ce séjour, notre avion ( un bi-moteur), prit feu au dessus du Golfe de Bonifacio pour retourner sans trop de dommages à l'aéroport de Bastia-Poretta.
Sans trop de dommages dis-je car nous n'étions pas attachées et le virage à 180 degrés du pilote , sans annonce particulière nous avait projetées avec d'autres passagers , les uns sur les autres.
Nous dormîmes dans un hôtel luxueux "L' Ile de beauté" et mes parents nous retrouvèrent le lendemain .
Les communications étaient plus rares en ce temps-là et nos parents avaient reçu tardivement de nos nouvelles.
La guerre était finie, le stylo Bic avait remplacé nos porte-plumes, la télévision était dans les tuyaux, les jeans changeaient les silhouettes et le prêt à porter nous privait (enfin) des essayages de couturière.
lundi 9 février 2009
Les hobbies de mon père et mon petit âne gris
Mon père qui n'avait jamais oublié l'enseignement reçu "Aux arts et métiers" passait le plus clair du temps de ses loisirs, (quand il ne démontait pas les moteurs de sa voiture ou de sa moto) à faire des objets en fer forgé.
Protégé d'un tablier spécial et d'un masque en micca , devant sa forge qui ronflait , il fabriquait des tas d'objets décoratifs.
Pendant la guerre, il transformait des douilles d'obus en cuivre en objets divers.
Ma mère ne savait plus où mettre ces objets , souvent inutiles mais qu'elle conservait.
Sa plus belle réalisation était une tonnelle entièrement en fer forgé et sous laquelle nous déjeunions tous les jours du mois mars à la fin novembre.
Cette tonnelle était souvent fleurie de liserons mauves.
Au plus fort de la guerre, si la nourriture ne manqua jamais, les objets manufacturés venant de France manquèrent.
Mon père , jamais à bout d'idées, nous fabriqua des sandales dont les semelles étaient en liège et les lanières en cuir qu'il croisait à notre demande .Nous étions des filles et il tenait compte de nos choix.
Plus tard, je vis les mêmes sandales à Saint -Tropez , appelées les Tropéziennes.
J'en portais à nouveau avec nostalgie.
Nous ne manquâmes jamais de jouets pendant cette période de guerre, il fabriqua aussi nos jouets, petites commodes, dinettes, petits meubles dont les portes étaient munies de boutons miniatures à la taille de nos poupons en celluloïd.
Il était également passionné de photographie.
Il avait de nombreux appareils "Zeskon Kodak Reflex.
Il développait lui même ses photos dans son propre laboratoire.
Une lumière rouge nous indiquait que notre père y était et nous en interdisait l'entrée.Il flottait une odeur chimique due au révélateur qui servaient au bain des photos, ensuite suspendues à des fils pour sécher.
Il photographiait tout, ses cinq enfants , sa maison, les autres.....le pritemps, l'automne, l'hiver, la mer, son bateau....
Il nous avait construit un portique , installé dans un des trois jardins, celui des fleurs et de la tonnelle.
Un jour que je me balançais au plus haut,( j'avais quatre ans) je décidais soudain que j'étais un oiseau et de m'envoler.
Je me jetais dans le vide et me retrouvais à terre sur un sol couvert de graviers...Je n'étais plus qu'une écorchure ....mais je n'avais rien de grave....
Les hobbies de mon père étaient partout présents , Il avait installé partout dans la maison des hauts-parleurs pour nous permettre d'écouter de la musique.
Dans le deuxième jardin, il y avait des allées pour faire de la bicyclette , des palmiers et un enclos pour mon petit âne gris.
Ce petit âne gris restera à jamais dans ma mémoire.
Il était arrivé, comme cela, un beau matin dans le jardin, échappé d'on ne sait où.
Ma mère refusait de le garder.
J'avais 9 ans et j'eus une crise larmes.
Je m'accrochais au cou du petit âne et menaçait ma mère de disparaitre avec lui, si elle s'en séparait.
Ma mère criait plus fort, disant qu'elle ne voulait pas dans sa maison d' un bourricot" tout maigre et sans doute malade dans sa maison.
Je criais encore plus fort , me roulais à terre de désespoir et mes pleurs finirent par avoir raison d'elle.
Je gagnais le droit de le garder et d'en avoir la seule responsabilité.
Mon âne fut très heureux et je ne laissais personne l'approcher.
Il mourut quelque temps avant notre départ de Tunisie, environ, sept années plus tard.
J'en eus un immense chagrin.
Protégé d'un tablier spécial et d'un masque en micca , devant sa forge qui ronflait , il fabriquait des tas d'objets décoratifs.
Pendant la guerre, il transformait des douilles d'obus en cuivre en objets divers.
Ma mère ne savait plus où mettre ces objets , souvent inutiles mais qu'elle conservait.
Sa plus belle réalisation était une tonnelle entièrement en fer forgé et sous laquelle nous déjeunions tous les jours du mois mars à la fin novembre.
Cette tonnelle était souvent fleurie de liserons mauves.
Au plus fort de la guerre, si la nourriture ne manqua jamais, les objets manufacturés venant de France manquèrent.
Mon père , jamais à bout d'idées, nous fabriqua des sandales dont les semelles étaient en liège et les lanières en cuir qu'il croisait à notre demande .Nous étions des filles et il tenait compte de nos choix.
Plus tard, je vis les mêmes sandales à Saint -Tropez , appelées les Tropéziennes.
J'en portais à nouveau avec nostalgie.
Nous ne manquâmes jamais de jouets pendant cette période de guerre, il fabriqua aussi nos jouets, petites commodes, dinettes, petits meubles dont les portes étaient munies de boutons miniatures à la taille de nos poupons en celluloïd.
Il était également passionné de photographie.
Il avait de nombreux appareils "Zeskon Kodak Reflex.
Il développait lui même ses photos dans son propre laboratoire.
Une lumière rouge nous indiquait que notre père y était et nous en interdisait l'entrée.Il flottait une odeur chimique due au révélateur qui servaient au bain des photos, ensuite suspendues à des fils pour sécher.
Il photographiait tout, ses cinq enfants , sa maison, les autres.....le pritemps, l'automne, l'hiver, la mer, son bateau....
Il nous avait construit un portique , installé dans un des trois jardins, celui des fleurs et de la tonnelle.
Un jour que je me balançais au plus haut,( j'avais quatre ans) je décidais soudain que j'étais un oiseau et de m'envoler.
Je me jetais dans le vide et me retrouvais à terre sur un sol couvert de graviers...Je n'étais plus qu'une écorchure ....mais je n'avais rien de grave....
Les hobbies de mon père étaient partout présents , Il avait installé partout dans la maison des hauts-parleurs pour nous permettre d'écouter de la musique.
Dans le deuxième jardin, il y avait des allées pour faire de la bicyclette , des palmiers et un enclos pour mon petit âne gris.
Ce petit âne gris restera à jamais dans ma mémoire.
Il était arrivé, comme cela, un beau matin dans le jardin, échappé d'on ne sait où.
Ma mère refusait de le garder.
J'avais 9 ans et j'eus une crise larmes.
Je m'accrochais au cou du petit âne et menaçait ma mère de disparaitre avec lui, si elle s'en séparait.
Ma mère criait plus fort, disant qu'elle ne voulait pas dans sa maison d' un bourricot" tout maigre et sans doute malade dans sa maison.
Je criais encore plus fort , me roulais à terre de désespoir et mes pleurs finirent par avoir raison d'elle.
Je gagnais le droit de le garder et d'en avoir la seule responsabilité.
Mon âne fut très heureux et je ne laissais personne l'approcher.
Il mourut quelque temps avant notre départ de Tunisie, environ, sept années plus tard.
J'en eus un immense chagrin.
dimanche 8 février 2009
Mon père et la DCA
La DCA rendait le ciel flamboyant au dessus de notre maison qui se trouvait entre le port et l'aéroport.
Quelques souvenirs sont restés dans ma mémoire.
En Avril 1943 , les raids aériens s'intensifièrent dans le ciel tunisien et durant la campagne de Tunisie.
Les bombardements alliés étaient intensifs.
Il y eut plusieurs raids américains au dessus des ports de Tunis et de Bizerte.
Mon père passait une partie de ses nuits (au désespoir de ma mère) sur la terrasse ou le toit de notre maison pour contempler le ciel illuminé par les tirs de DCA. (Défense contre les avions)
Les balles traçantes, les bombes faisaient du ciel un gigantesque feu d'artifice.
Mon père avait creusé dans le jardin une vaste tranchée pour nous mettre à l'abri d'éventuels bombardements.
Des sirènes stridentes nous annonçaient le début des bombardements et la population pouvait se réfugier dans les caves , les abris ou les tranchées.
Mais ma mère décida d'abandonner la tranchée, et nous réunit dans une seule chambre pour que nous mourrions tous ensemble si cela devait se produire....
Nous les enfants, on trouvait tout cela très amusant, inconscients du danger.....
Nous pensions participer à un jeu...
Les vitres de la maison étaient toutes teintées en bleu pour que la lumière soit invisible au regard de l'aviation.
Les Stuka, les forteresses volantes américaines, tout contribuait à transformer l'espace aérien en un immense ciél incendié.
Amédée Passemard, le plus jeune pilote de chasse de france participa à la libération de Tunis.
Je me souviens également de quelques militaires anglais, commandés par un officier qui voulait ocupper notre maison; s'y installer avec ses hommes , réduisant notre propre occpation à une seule chambre.
Ma mère refusa....
Ce jour-là nous ne fummes pas loin de penser que notre mère était un héroïne...
Elle avait vaincu l'anglais en quelque sorte, pris sa revanche sur la guerre de cent ans......!!!!!!!
Quelques souvenirs sont restés dans ma mémoire.
En Avril 1943 , les raids aériens s'intensifièrent dans le ciel tunisien et durant la campagne de Tunisie.
Les bombardements alliés étaient intensifs.
Il y eut plusieurs raids américains au dessus des ports de Tunis et de Bizerte.
Mon père passait une partie de ses nuits (au désespoir de ma mère) sur la terrasse ou le toit de notre maison pour contempler le ciel illuminé par les tirs de DCA. (Défense contre les avions)
Les balles traçantes, les bombes faisaient du ciel un gigantesque feu d'artifice.
Mon père avait creusé dans le jardin une vaste tranchée pour nous mettre à l'abri d'éventuels bombardements.
Des sirènes stridentes nous annonçaient le début des bombardements et la population pouvait se réfugier dans les caves , les abris ou les tranchées.
Mais ma mère décida d'abandonner la tranchée, et nous réunit dans une seule chambre pour que nous mourrions tous ensemble si cela devait se produire....
Nous les enfants, on trouvait tout cela très amusant, inconscients du danger.....
Nous pensions participer à un jeu...
Les vitres de la maison étaient toutes teintées en bleu pour que la lumière soit invisible au regard de l'aviation.
Les Stuka, les forteresses volantes américaines, tout contribuait à transformer l'espace aérien en un immense ciél incendié.
Amédée Passemard, le plus jeune pilote de chasse de france participa à la libération de Tunis.
Je me souviens également de quelques militaires anglais, commandés par un officier qui voulait ocupper notre maison; s'y installer avec ses hommes , réduisant notre propre occpation à une seule chambre.
Ma mère refusa....
Ce jour-là nous ne fummes pas loin de penser que notre mère était un héroïne...
Elle avait vaincu l'anglais en quelque sorte, pris sa revanche sur la guerre de cent ans......!!!!!!!
Inscription à :
Commentaires (Atom)
