Mon oncle, Gustave -Pierre frère de mon père fut porté disparu en 43 durant six mois.
Célibataire sans enfants il fit la campagne "Rhin et Danube".
Cette absence fut terrible pour ma grand-mère qui le pensait mort au combat.
Elle ne se nourrit plus, déclina peu à peu et sa mémoire se perdit dans les méandres de ses souvenirs.
Elle vécut encore une dizaine d'années, vit revenir son fils , sans en vivre la réalité.
Sa mémoire s'était disloquée.
Elle avait aimé ses fils passionnément, leur avait permis de prendre l'ascenseur social en les éduquant et en les instruisant.
Elle m'avait appris à apprivoiser, un moineau qui venait sur mon épaule ( j'en ai gardé la photo)
Le moineau était sa façon à elle de communiquer avec moi.
Son regard s'était vidé de sa vie mais elle ressentait encore l'affection que j'avais pour elle.Elle mourut en terre étrangère, sans avoir revu sa terre natale.
Elle n'en avait pas eu le temps. sa vie s'était déroulée sans qu'elle ait pu la contrôler.
La mort de son mari, son dernier fils déclaré disparu, ses maigres revenus, son attachement à sa Bretagne natale, son éloignement de sa famille de France.
C'était là son destin.
Ma mère ne l'aimait pas et après guerre lors de nos réguliers voyages en France, mes parents auraient pu la convier à en partager l'un d'entr'eux , mais l'inimitié qui existait entre ces deux femmes en rendit l'éventualité impossible.
Mon père ne disait rien, il n'aimait pas les querelles et souhaitait la paix.
Je venais d'avoir 15 ans lorsqu'elle mourut
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