dimanche 22 février 2009

Ce jour-là le Vent de L'Histoire fut incertain.....

Nos séjours réguliers , répétés tous les étés en France n'empêchaient nullement ma Mère de toujours vouloir partir quelque part et nous entrainer dans ces désirs d'évasion.....
Cette année-là, bien que des évènements inquiétants commençaient à se manifester et à se répandre
en Afrique du Nord, ma mère décida de se rendre chez des cousins qui vivaient en Algérie depuis la conquête de la France en 1830 pour fêter Noël.
Ce département sous administration française ressemblait à la Provence....
La végétation y était verdoyante et la vie assez douce.
Ma mère voulait visiter " Le Tombeau de la Chrétienne " à Tizi-Ouzou et visiter ses nombreux cousins à Alger, une fois encore.
Des bruits de soulèvements de la population autochtone se faisaient entendre.
Mon père prit donc la direction de la frontière algéro-Tunisienne au volant de sa traction avant (8 places) avec femme et enfants et l'humeur à bord était joyeuse.
Nous étions pendant des vacances solaires de Noël, heureux et insouciants.
Sur la route à une centaine de kilomètres de la frontière algérienne, nous aperçurent deux "arabas" (charettes de paysans) en travers de la route et une troisième, un peu plus loin qui fermait totalement le passage
et derrière laquelle se teniant cachés un groupe d'hommes, armés.
Nous fûmes contraints de nous arrêter et mon père laissa les hommes s'approcher de nous.
Ces paysans armés descendus d'une "wyllaya" (village) voisine contrôlaient la frontière, leurs visages méfiants et burinés étaient en partie cachés par des turbans enroulés autour de leurs têtes et leurs yeux semblaient féroces.
Nous étions tombés dans une embuscade;
Les hommes armés palabraient et leur ton était rude et sec.
Un vent glacial soufflait avec force âpre et piquant.
Je me souviens que le froid était glacial et que l'eau d'un petit "oued" qui coulait le long de la route était gelée.
Mon père avait baissé la vitre de sa portière et le vent s'engouffrait à l'intérieur de la voiture tandis que deux hommes en faisaient le tour, pendant que les autres encerclaient notre voiture, en scrutant l'intérieur.
Nous restâmes , arrêtés là de longues minutes qui nous semblèrent une éternité.
Le silence était lourd à l'intérieur de la voiture, aucun enfant ne parlait et ma mère avait compris que quelque chose de grave et d'inquiétant se passait.
Mon père était d'une paâleur mortelle ....
Les hommes palabrèrent un long moment, leurs fusils bien en vue.
Soudain, brutalement, ils levèrent et déplacèrent les "arabas" pour nous en laisser le passage, comprenant sans doute que nous étions une famille bien innocente.
notre destin aurait pu basculer ce jour-là.
Mon père fit demi-tour et nous ne retournâmes jamais en Algérie.
Nous sûmes que notre départ pour la france, n'était pas éloigné.
Le vent de l'Histoire en décidait ainsi.

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